Durant l'été 1978, dans la banlieue tranquille de Libertyville, en Pennsylvanie, Arnie Cunningham, dix-sept ans, était un marginal typique : intello, harcelé et manquant de confiance en lui. Son meilleur ami, Dennis Guilder, un joueur de football populaire, le protégeait souvent. Un après-midi caniculaire, la vie d'Arnie bascula lorsqu'il aperçut une Plymouth Fury de 1958 en piteux état à vendre. Malgré son châssis rouillé, son pare-brise fissuré et son état général délabré, Arnie en fut instantanément, inexplicablement, fasciné. Le propriétaire, un homme âgé et amer nommé Roland D. LeBay, parlait de sa voiture, qu'il appelait Christine, avec une possessivité troublante, laissant présager un passé sombre. Dennis ressentit immédiatement un profond malaise émanant du véhicule, une prémonition glaçante qu'Arnie s'obstinait à ignorer.
Arnie consacra ses maigres économies et tous ses moments de loisir à la restauration de Christine, souvent dans le garage peu recommandable de Will Darnell. Tandis que la voiture se débarrassait lentement de sa rouille et de ses bosses, retrouvant son éclat sous sa peinture blanche sur rouge, Arnie subit une transformation terrifiante. Son acné disparut, il se redressa et une confiance en soi nouvelle et agressive remplaça sa timidité. Il se mit à parler avec le vocabulaire cru et cynique de LeBay et à adopter les manières du vieil homme, allant jusqu'à développer un mal de dos nécessitant le port d'une minerve, comme celle que LeBay avait portée. Il devint évident que Christine n'était pas qu'une simple voiture, mais une entité maléfique, possédant Arnie et influençant chacun de ses gestes. Sa nature sinistre puisait sa source dans l'esprit sombre de LeBay et dans les tragédies passées, notamment la mort de sa fille et de sa femme à l'intérieur de la voiture.
Dennis assistait, horrifié, à la descente aux enfers de son ami, devenant de plus en plus hostile envers quiconque remettait en question son obsession ou critiquait la voiture. Arnie avait même trouvé une petite amie, la belle Leigh Cabot, mais la jalousie de Christine était devenue palpable. Lors d'un rendez-vous, Leigh a failli s'étouffer avec un hamburger dans la voiture, un incident qui l'a profondément traumatisée et convaincue de la malveillance de Christine. La voiture, comme vivante, se réparait miraculeusement après chaque dommage, son compteur kilométrique tournant même à l'envers, un renversement du temps glaçant.
La malveillance s'est intensifiée. Une bande de brutes, menée par Buddy Repperton, qui avait tourmenté Arnie, a vandalisé la voiture de Christine, brisant ses vitres et la laissant en piteux état. Mais Christine, avec l'aide involontaire d'Arnie, s'est remise sur pied, puis s'est lancée dans une terrifiante vengeance. Un à un, les brutes ont connu une fin horrible et inexplicable, fauchées par une Plymouth Fury de 1958 immaculée qui disparaissait sans laisser de trace après chaque meurtre, pour réapparaître ensuite en parfait état. L'inspecteur Rudy Junkins mena l'enquête, de plus en plus méfiant envers Arnie, malgré ses alibis apparemment irréfutables.
Leigh, révulsée par la transformation d'Arnie et terrifiée par Christine, le quitta et trouva du réconfort auprès de Dennis, avec qui elle se rapprochait de plus en plus. Arnie, rongé par la jalousie de Christine, découvrit leur relation naissante et sa rage s'intensifia. Le pouvoir destructeur de la voiture s'étendit à sa propre famille : son père mourut d'une intoxication au monoxyde de carbone et sa mère et lui périrent dans un terrible accident de la route. Des témoins suggérèrent qu'Arnie luttait contre l'esprit de LeBay pour prendre le contrôle de Christine juste avant l'accident fatal, laissant présager le retour de son ancien moi.
Convaincus que Christine ne reculerait devant rien, Dennis et Leigh conçurent un plan désespéré pour détruire la voiture une fois pour toutes. Ils attirèrent Christine au garage de Darnell et, à l'aide d'un camion-citerne, la rouèrent de coups, puis réduisirent ses restes en cubes. Alors que le métal gémissait et hurlait sous l'immense pression, Dennis jura avoir vu la silhouette spectrale de LeBay tenter d'intervenir, ultime témoignage glaçant de la persistance de l'esprit maléfique de la voiture. Cette épreuve laissa Dennis et Leigh marqués à jamais, mais ils pensaient que l'horreur était terminée. Pourtant, des années plus tard, Dennis nourrissait encore un malaise latent, la sombre suspicion que le mal de Christine n'avait pas été entièrement éradiqué, et que l'esprit malveillant de la Plymouth Fury de 1958 rôdait peut-être encore, cherchant à assouvir sa vengeance finale.