Dès le début, la vie s'est présentée comme une tapisserie complexe, tissée de fils d'absence et de la force tranquille de ceux qui sont intervenus. Il y a eu la séparation initiale, née d'une mère qui m'a confié la garde de ses parents et de sa sœur, et la dure réalité d'un père qui ne m'a jamais réclamée. Ce paysage précoce a peut-être aiguisé une sensibilité naissante et a jeté les bases du poète que je deviendrais. Ce fut un début qui, de manière subtile mais profonde, a façonné l'objectif à travers lequel j'allais voir le monde et, en fait, ma propre voix en plein essor.
Au fil des années, un lien plus profond avec la langue a commencé à émerger, une attirance pour l'architecture complexe du vers gallois. Les contraintes et la beauté du cynghanedd, cette forme poétique ancienne et vitale, sont devenues une influence fondamentale, une discipline et une liberté étroitement liées. C'est grâce à cet art rigoureux que j'ai appris à exploiter les émotions brutes et les pensées fugaces, pour les transformer en quelque chose de durable. Ce voyage au cœur de la poésie galloise n'était pas un voyage solitaire ; il était étroitement lié à mon travail avec Barddas, une communauté qui défendait l'essence même de notre patrimoine littéraire.
Mon parcours s'est étendu au-delà de la création de poésie pour m'intéresser aux domaines de la critique littéraire et de la biographie. C'était une progression naturelle, un désir de comprendre et d'éclairer les œuvres des autres, tout comme je cherchais à comprendre les miennes. Le fait de disséquer un poème, de tracer les contours d'une vie vécue à travers les mots, est devenu une autre facette de mon engagement littéraire. L'écriture de scénarios m'a également attirée, car elle proposait une cadence différente, un nouveau rythme de narration qui permettait aux récits de se dérouler non seulement sur la page, mais aussi en mouvement et en son.
Dans les vers que j'ai créés, certains thèmes sont récurrents, des fils qui ont imprégné le tissu de mes expériences. Le temps, avec son flux incessant et ses échos du passé, a souvent trouvé sa place dans mon travail, une méditation sur la mémoire et les sables mouvants de l'existence. La Grande Guerre a également laissé une marque indélébile, son ombre s'étendant à travers les générations pour éclairer mes réflexions sur le sacrifice, la perte et la pérennité de l'esprit humain. Il ne s'agissait pas simplement de concepts abstraits, mais de réalités profondément ressenties que je cherchais à saisir, à leur donner forme et résonance.
Avec le recul, je constate que le chemin que j'ai emprunté a été celui de l'exploration et de l'expression continues. Depuis ces premières années de formation, en passant par la discipline du cynghanedd, jusqu'à l'ensemble des critiques et des biographies, chaque étape a permis d'approfondir ma relation avec le langage. Les échos d'un début difficile, le soutien indéfectible de la famille et la communauté dynamique de la littérature galloise ont tous contribué à façonner une vie vécue à travers les mots, une vie où la seule constante a été la voix insistante et persistante intérieure.