Une vaste tapisserie de l’histoire turque préislamique se déploie, remettant en question des croyances de longue date et attirant le regard vers un berceau oublié de la civilisation. Cette œuvre monumentale, « Doqquz Bitik », s’engage dans un long voyage de recherche de trente ans, traçant méticuleusement la lignée et l’héritage des Turcs azerbaïdjanais à travers dix millénaires, bien avant l’avènement de l’islam. C’est une réévaluation profonde, pas simplement une chronique, proposant une perspective radicalement nouvelle qui redéfinit les origines mêmes de l’ethnos turc.
Au cœur de cette théorie se trouve la audacieuse « théorie d’Urmu », un paradigme qui affirme avec audace l’Asie antérieure, en particulier la région autour du lac Urmia, comme la patrie primordiale où l’identité turque s’est d’abord consolidée. Cela contraste fortement avec la « théorie de l’Altaï » largement acceptée, qui appelle à une réévaluation des anciens schémas migratoires et de la genèse géographique d’un vaste patrimoine culturel et linguistique. Les implications de cette théorie se répercutent dans l’ensemble de l’œuvre, offrant une perspective nouvelle pour voir le monde antique.
Les neuf volumes, chacun un « bitik » ou rouleau de savoir, dévoilent systématiquement différentes facettes de cette vaste ère préislamique. Le premier bitik explore les fondements mêmes de la recherche historique, scrutant à la fois les sources nationales et étrangères avec une approche méthodologique novatrice. Il examine les preuves anthropologiques et archéologiques, déchiffrent des inscriptions sur pierre, des gravures rupestrop, des symboles pré-écrits et des tamgas, retraçant la genèse de l’écriture en lien avec d’autres peuples turcs.
Après cette exploration fondamentale, le second bitik s’aventure dans le domaine de la géographie historique. Ici, les anciens oikoumènes et la démographie ethnique sont méticuleusement cartographiés, ainsi que la biosphère, la cosmonymie et les conditions géographiques qui ont façonné le monde turc primitif. Il réévalue l’étymologie des noms de lieux anciens comme Alban, Aran, Atropaten, Azerbaïdjan et Arménie, en présentant de nouvelles interprétations fondées sur l’analyse ethnolinguistique des documents écrits.
Le troisième bitik met en lumière les anciens États qui se sont développés et prospérés en Azerbaïdjan, détaillant la complexité des traditions de construction d’État turciques et des systèmes militaires. Il met en lumière l’existence de plusieurs États turcs en Asie antérieure et en Azerbaïdjan durant la période préislamique, une révélation jusque-là inconnue en turcologie.
Les volumes suivants poursuivent cette exploration exhaustive, chacun consacré à un aspect crucial de l’expérience turque préislamique. Un bitik reconstruit méticuleusement l’onomastique historique, explorant les noms qui résonnaient à travers les terres anciennes et leur profonde signification culturelle. Un autre s’immerge dans l’ethnographie historique, peignant des images vivantes de la vie quotidienne, des coutumes et des structures sociales de ces premières communautés.
De plus, l’ouvrage explore les profondes révélations historiques ancrées dans le folklore et la mythologie, discernant les échos des vérités anciennes dans des récits transmis de génération en génération. L’évolution de la langue azerbaïdjanaise elle-même forme un autre bitik dédié, retraçant son parcours linguistique et ses liens avec les développements linguistiques turcs plus larges. Enfin, le bitik final examine minutieusement l’ethnogenèse même des Turcs azerbaïdjanais, tissant ensemble tous les fils précédents pour présenter une compréhension complète de leurs racines ancestrales.
À travers cette œuvre méticuleuse et en plusieurs volumes, une compréhension profonde émerge : la riche histoire des Turcs azerbaïdjanais, créateurs d’États magnifiques et gardiens de valeurs ethniques et culturelles durables depuis des millénaires, a été obscurcie. Cette œuvre cherche à éclairer ce passé obscurci, en présentant une richesse de documents historiques et de preuves recueillis au fil des décennies, afin de mettre enfin en lumière le véritable récit du peuple turc azerbaïdjanais pour les générations contemporaines.