Un navire, en route vers l’immensité gelée du pôle Nord, se retrouve pris au piège par une glace infranchissable, prisonnier dans un monde désolé et blanc. C’est ici, au milieu de cette grandeur austère, que l’équipage sauve un homme, émacié et fatigué, dérivant sur un traîneau tiré par des chiens. Cet homme, Victor Frankenstein, commence à raconter une histoire qui glace la moelle même, une chronique d’ambition, de création et de désespoir, écrite dans des lettres adressées à la sœur du capitaine.
Son histoire se déroule à partir d’une enfance idyllique à Genève, entouré par la chaleur de la famille - sa sœur adoptive bien-aimée et future épouse, Elizabeth, et son cher ami, Henry Clerval. Pourtant, un intellect naissant et une curiosité insatiable l’ont attiré vers l’université d’Ingolstadt, où il s’est plongé tête baissée dans les mystères de la philosophie naturelle et de la chimie. Là, un désir singulier et dévorant prenait racine : percer le secret même de la vie. Des mois de labeur fiévreux et solitaire suivirent, un assemblage macabre de parties de corps, jusqu’à ce que, dans un moment d’orgueil et de triomphe, il insuffle la vie à sa création monstrueuse.
L’instant de l’animation n’apportait pas de l’euphorie, mais une horreur profonde. La créature, avec ses yeux humides et sa peau étirée, était hideuse, une moquerie grotesque de l’humanité. Dégoûté par son propre travail, Victor abandonna sa création, fuyant sa présence et tombant dans une longue maladie fiévreuse. À sa convalescence, une lettre de son père apporta une nouvelle dévastatrice : son plus jeune frère, William, avait été brutalement assassiné. Un terrible soupçon rongeait Victor, confirmé par un bref aperçu de sa création monstrueuse tapie près de la scène de crime. Pourtant, la peur et la certitude de l’incrédulité lui ont tenu le langage lié, conduisant à la condamnation injustifiée et à l’exécution de Justine Moritz, une servante de la famille très appréciée.
Consumé par la culpabilité et le désespoir, Victor chercha du réconfort dans la grandeur des Alpes. C’est là, au milieu des sommets imposants, que la créature l’affronta, sa voix éloquente, sa supplique de compréhension déchirante. Il racontait une histoire de solitude et de rejet, d’être rejeté par tous ceux qu’il rencontrait à cause de son apparence terrifiante. Il avait secrètement observé une famille bienveillante, les De Lacey, apprendre la langue et les nuances des émotions humaines, pour être accueillie par des cris et de la violence lorsqu’elle se révélait. La créature, poussée par la fureur du désespoir, exigea que Victor, son créateur, se fasse une compagne, promettant de disparaître à jamais de la vue de l’humanité si son désir de compagnie était comblé.
Victor, influencé par la supplication passionnée de la créature et la menace de destruction supplémentaire, accepta à contrecœur. Il se rendit sur une île isolée pour accomplir cette seconde tâche abominable. Mais alors que la forme féminine approchait de son achèvement, une réalisation glaçante le saisit : et si ce nouvel être s’avérait encore plus malveillant ? Et s’ils se reproduissaient, libérant une race de monstres sur le monde ? Avec la créature observant par une fenêtre, témoin silencieux et horrifiant, Victor déchira sa seconde création en morceaux. Le rugissement de rage de la créature et son serment de « l’accompagner la nuit de ses noces » résonnaient dans l’air froid, une promesse de vengeance qui hanterait chaque instant éveillé de Victor.
Le monstre a tenu sa terrible promesse. Henry Clerval, l’ami loyal de Victor, fut retrouvé assassiné, et Victor lui-même fut brièvement emprisonné pour ce crime. Puis, la nuit même du mariage de Victor avec Elizabeth, la créature frappa de nouveau, mettant brutalement fin à ses jours. Son père, brisé par les tragédies sans fin, la suivit bientôt jusqu’à la tombe. Dépouillé de tout ce qu’il aimait, Victor a consacré ses derniers jours à un but unique et dévorant : traquer et détruire le monstre qu’il avait fait créer.
La poursuite acharnée le mena aux étendues désolées de l’Arctique, à la limite même du monde connu, où il fut retrouvé par le capitaine Walton. Victor, frêle et mourant, supplia Walton de poursuivre sa quête vengeresse. Peu après la mort de Victor, la créature apparut, déplorant la disparition de son créateur, l’être unique lié à son existence. Exprimant un profond remords pour ses actes et la misère qu’ils avaient causée, la créature jura de mettre fin à sa propre vie misérable, disparaissant dans la vaste nature glacée, une silhouette solitaire portée sur un radeau de glace, pour ne jamais être revue.