Qu’est-ce qu’une université devrait vraiment être ? Il est temps d’examiner de manière critique les notions dominantes de l’enseignement supérieur, en remettant en question son but et sa conception actuels. Cette analyse révèle un paysage où le potentiel profond des institutions est souvent sous-exploité, éclipsé par des tendances contemporaines qui s’écartent de leurs responsabilités fondamentales.
Le parcours commence par remettre en question les fondements mêmes du savoir, en explorant comment notre compréhension façonne l’effort éducatif. On soutient que l’enseignement supérieur porte une responsabilité importante dans le développement futur de la société, un devoir qui dépasse largement les limites des murs académiques. Les universités possèdent des réservoirs de connaissances profonds et étendus, mais elles doivent devenir plus habiles à exploiter ces ressources afin de relever les grands défis auxquels le monde est confronté aujourd’hui.
Une transformation radicale est nécessaire, guidée par quinze principes fondamentaux. Parmi ceux-ci, un accent crucial est mis sur la promotion de la force et de l’indépendance dans la pensée et l’action chez les étudiants. L’éducation ne doit pas simplement être une préparation aux premières années d’un emploi spécifique, mais un processus de « Bildung » tout au long de la vie - l’auto-formation et la croissance personnelle qui préparent les individus à une vie professionnelle évolutive et à une citoyenneté active.
En effet, l’imagination doit être défendue, et l’enseignement doit principalement servir à éveiller la curiosité et la soif de savoir de l’élève. L’idée de l’université en tant qu’entreprise, des étudiants comme clients, et de la concurrence comme principale force motrice est fermement rejetée. Au contraire, les institutions doivent incarner la confiance envers leur personnel professionnel et privilégier les besoins de l’éducation au détriment des exigences administratives lors de l’allocation des ressources.
La discussion s’étend au concept vital d’autonomie académique, explorant sa relation complexe avec l’État, l’institution, les enseignants, les étudiants et le monde au sens large. La véritable autonomie n’est pas présentée comme une liberté isolée, mais comme une condition nécessaire à la défense de la vérité, à la promotion d’une recherche solide et à la préservation assidue d’un riche patrimoine de connaissances.
En fin de compte, un appel est lancé pour un système d’enseignement supérieur qui embrasse une plus grande diversité tout en maintenant des objectifs communs et une structure cohérente. Elle doit viser le progrès académique, formatif et professionnel chez chaque étudiant, en reconnaissant que la société d’aujourd’hui et de demain exige l’accès à une gamme riche et diversifiée d’opportunités d’enseignement supérieur, disponibles de façon récurrente tout au long de la vie d’un individu.