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Aller à Ma biblioMaman je reviens bientôt
par
- Langue
- Français
- Publié en
- Maison d'édition
- Les Éditions du Net
- Pages
- 142
- ISBN
- 9782312024325
Thèmes
Ma très chère Mère, je t'écris de cette lointaine France, un lieu dont j'ai jadis rêvé, pour partager le voyage de ton « Exploratrice d'Europe ». N'aie crainte, mon cœur reste enraciné dans nos traditions, dans l'esprit de nos ancêtres et la sagesse de la nature. Je n'ai renié aucune croyance étrangère pour être moi-même, mais je m'efforce de devenir quelqu'un, tout en demeurant profondément fidèle à moi-même, unie par les liens de l'humanisme. Cette lettre, pleine de franchise et de détails, dévoile mes aventures parisiennes, mêlant les souvenirs de notre passé aux dures réalités de mon présent. Te souviens-tu de mon arrivée à Paris, pleine d'espoir, et de l'accueil que m'a réservé mon cousin près de la mairie de Lilas ? Nous étions onze âmes entassées dans un minuscule studio, une première approche brutale de la dureté de la vie ici. La ville, qui promettait tant, a vite révélé son vrai visage. Des Lilas, où nous avons finalement été expulsés pour loyers impayés, à Colombes, où je me suis retrouvé à vivre avec douze autres compatriotes, ma quête du savoir et d'une vie meilleure a été un véritable périple nomade. Mes journées sont une danse incessante entre les amphithéâtres universitaires, le calme apaisant des bibliothèques parisiennes et le monde exigeant des petits boulots. Je suis devenu valet dans un hôtel d'Issy-les-Moulineaux, un moyen de financer mes études. Pourtant, même là, le malheur m'a frappé : accusé à tort de vol par une collègue, une femme prise au piège du plus vieux métier du monde. Telles sont les épreuves, Mère, qui mettent à l'épreuve l'esprit de ceux qui poursuivent leurs rêves en terre étrangère. La France que j'ai découverte n'est pas toujours la terre hospitalière que j'avais imaginée. Les difficultés à trouver un logement décent, à se repérer dans cette ville tentaculaire, à s'habiller correctement ou à trouver un emploi convenable sont des compagnes constantes. Nombreux sont les jeunes immigrés, séduits par l'appât du gain facile, qui abandonnent leurs études pour travailler en usine, croyant à tort que cela les mènera rapidement au volant d'une belle voiture. Ils passent souvent à côté des véritables opportunités que ce pays a à offrir.
Malgré tout, j'ai gardé en mémoire ton image, Mère, et les sons de notre foyer. Je me souviens des berceuses que tu me chantais quand je n'avais que six mois, des histoires drôles et merveilleuses de notre famille paternelle, et des récits d'Épougnou, le village de ta défunte mère. Je me souviens du chant et de la danse en l'honneur de l'Ancêtre Anguianga, le pourvoyeur de poisson, lorsque nous allions pêcher à Bouakègni. J'ai hâte de t'entendre les chanter à nouveau à mon retour.
Mes joies ici ont été rares, mes épreuves nombreuses. Je sais que ce récit de ma vie te touchera, peut-être même t'inquiétera. Mais je dois te rassurer, Mère, je rentre bientôt à la maison. Je ne peux me permettre de devenir comme Jean-Michel, sans foyer, sans papiers, sans argent, sans identité – prisonnier de l’Europe et déserteur de l’Afrique. Je reviens pour vous, et pour vous seul, pour retrouver les mélodies et les histoires qui me lient à notre terre et à notre peuple.
Malgré tout, j'ai gardé en mémoire ton image, Mère, et les sons de notre foyer. Je me souviens des berceuses que tu me chantais quand je n'avais que six mois, des histoires drôles et merveilleuses de notre famille paternelle, et des récits d'Épougnou, le village de ta défunte mère. Je me souviens du chant et de la danse en l'honneur de l'Ancêtre Anguianga, le pourvoyeur de poisson, lorsque nous allions pêcher à Bouakègni. J'ai hâte de t'entendre les chanter à nouveau à mon retour.
Mes joies ici ont été rares, mes épreuves nombreuses. Je sais que ce récit de ma vie te touchera, peut-être même t'inquiétera. Mais je dois te rassurer, Mère, je rentre bientôt à la maison. Je ne peux me permettre de devenir comme Jean-Michel, sans foyer, sans papiers, sans argent, sans identité – prisonnier de l’Europe et déserteur de l’Afrique. Je reviens pour vous, et pour vous seul, pour retrouver les mélodies et les histoires qui me lient à notre terre et à notre peuple.
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