Ma bibliothèque
Tu n'as pas encore de listes. Crée-en une dans Ma biblio.
Aller à Ma biblioMa bibliothèque
Tu n'as pas encore de listes. Crée-en une dans Ma biblio.
Aller à Ma biblioPerforming Interpersonal Violence
par
- Langue
- Anglais
- Publié en
- Maison d'édition
- De Gruyter
- Pages
- 490
- ISBN
- 9783110245608
Thèmes
Dans la cité-État animée et tumultueuse d'Athènes au cours du « long IVe siècle » avant notre ère, le tissu même de la société était entremêlé d'actes et de perceptions de violence interpersonnelle. Pourtant, la définition de ce qui constituait la « violence » était loin d'être universelle et changeait souvent en fonction du statut des personnes impliquées. C'est principalement lorsque des citoyens de haut rang ont subi des préjudices dans leurs domaines protégés que des actes ont véritablement été considérés comme problématiques, exigeant l'attention du public et un discours de négociation. La violence contre d'autres secteurs de la société semblait être souvent transmise sans commentaire significatif, considérée comme banale dans le flux et le reflux quotidiens de la vie athénienne.
La démocratie athénienne, tout en embrassant l'ancien désir de vengeance, a habilement canalisé ces impulsions sous forme de formes ritualisées d'engagement. Les tribunaux, loin d'être de simples bastions d'une justice impartiale, sont devenus des arènes où les citoyens exprimaient leurs doléances, en quête non seulement de justice mais de victoire. Ici, grâce à la rédaction méticuleuse de discours médico-légaux, la légitimité d'un acte de violence a été âprement débattue, ses limites étant tracées et redessinées par le pouvoir de persuasion de la rhétorique et le jugement collectif des jurés. Cette représentation publique, avec ses règles complexes et ses attraits dramatiques, a joué un rôle crucial dans le contrôle de la société, transformant l'agressivité brute en une compétition structurée, quoique toujours aussi fervente.
Au-delà des salles de justice solennelles, la pratique obscure des tablettes de malédiction offrait une autre perspective fascinante sur l'interprétation de la violence. Ces morceaux de plomb, gravés de puissantes malédictions, permettaient aux individus de diriger leur colère et leur désir de blesser leurs ennemis d'une manière ritualisée et permise. Il s'agissait d'une forme de violence médiatisée, sanctionnée par la croyance en des forces invisibles, qui permettait d'exprimer des émotions intenses sans nécessairement recourir à la confrontation physique. Le simple fait de créer et de dédier une tablette de malédiction était une performance en soi, une manifestation tangible d'une querelle, mais qui a fait entrer les émotions problématiques dans le domaine de la magie, les contenant et les contrôlant ainsi.
Les scènes théâtrales d'Athènes ont également joué un rôle central dans le façonnement de la compréhension et de l'expérience collectives de la violence. Dans Old Comedy, des personnages comme Aristophane ont présenté des scènes d'agressivité bruyante et de chaos burlesque, remettant souvent en question les frontières sociales. Cette violence mise en scène a toutefois maintenu une distance cruciale par rapport à la réalité vécue, servant de miroir cathartique plutôt que de reflet direct. Cela a permis d'explorer la colère, l'orgueil et la transgression dans un espace sûr et ritualisé, où le public pouvait assister à l'effondrement des normes sans menace immédiate.
Au cours du IVe siècle, un changement subtil mais significatif est apparu dans le discours sur la violence, particulièrement évident dans l'évolution de la comédie. Avec l'avènement de la nouvelle comédie, illustrée par Ménandre, l'attention s'est déplacée de la grande scène politique de la polis vers la sphère plus intime de l'oikos, la maison. Ici, la représentation de la colère et de la violence s'est transformée ; elle n'était plus ambiguë ni potentiellement justifiable, mais constamment décrite comme injustifiée. Les personnages et les pièces de théâtre à taille humaine de Ménandre défendaient la maîtrise de soi, reflétant l'importance croissante accordée par la société à la modération et à la régulation interne des émotions, faisant écho à l'évolution de la philosophie athénienne après les bouleversements politiques du siècle précédent.
En fin de compte, l'expérience athénienne de la violence interpersonnelle était une interaction complexe de pulsions primaires et de mécanismes sociaux sophistiqués. Il a été considéré comme problématique principalement lorsqu'il touchait des privilégiés, et sa légitimité était toujours soumise à un examen public et à des négociations. Que ce soit à travers les plaidoyers passionnés du tribunal, les malédictions chuchotées gravées sur du plomb, ou les rires bruyants et les représentations nuancées qui ont suivi sur scène, la violence n'était pas simplement pratiquée mais exécutée, discutée rituellement et subtilement contrôlée, contribuant à la stabilité relative d'une société aux prises avec sa propre nature passionnée.
La démocratie athénienne, tout en embrassant l'ancien désir de vengeance, a habilement canalisé ces impulsions sous forme de formes ritualisées d'engagement. Les tribunaux, loin d'être de simples bastions d'une justice impartiale, sont devenus des arènes où les citoyens exprimaient leurs doléances, en quête non seulement de justice mais de victoire. Ici, grâce à la rédaction méticuleuse de discours médico-légaux, la légitimité d'un acte de violence a été âprement débattue, ses limites étant tracées et redessinées par le pouvoir de persuasion de la rhétorique et le jugement collectif des jurés. Cette représentation publique, avec ses règles complexes et ses attraits dramatiques, a joué un rôle crucial dans le contrôle de la société, transformant l'agressivité brute en une compétition structurée, quoique toujours aussi fervente.
Au-delà des salles de justice solennelles, la pratique obscure des tablettes de malédiction offrait une autre perspective fascinante sur l'interprétation de la violence. Ces morceaux de plomb, gravés de puissantes malédictions, permettaient aux individus de diriger leur colère et leur désir de blesser leurs ennemis d'une manière ritualisée et permise. Il s'agissait d'une forme de violence médiatisée, sanctionnée par la croyance en des forces invisibles, qui permettait d'exprimer des émotions intenses sans nécessairement recourir à la confrontation physique. Le simple fait de créer et de dédier une tablette de malédiction était une performance en soi, une manifestation tangible d'une querelle, mais qui a fait entrer les émotions problématiques dans le domaine de la magie, les contenant et les contrôlant ainsi.
Les scènes théâtrales d'Athènes ont également joué un rôle central dans le façonnement de la compréhension et de l'expérience collectives de la violence. Dans Old Comedy, des personnages comme Aristophane ont présenté des scènes d'agressivité bruyante et de chaos burlesque, remettant souvent en question les frontières sociales. Cette violence mise en scène a toutefois maintenu une distance cruciale par rapport à la réalité vécue, servant de miroir cathartique plutôt que de reflet direct. Cela a permis d'explorer la colère, l'orgueil et la transgression dans un espace sûr et ritualisé, où le public pouvait assister à l'effondrement des normes sans menace immédiate.
Au cours du IVe siècle, un changement subtil mais significatif est apparu dans le discours sur la violence, particulièrement évident dans l'évolution de la comédie. Avec l'avènement de la nouvelle comédie, illustrée par Ménandre, l'attention s'est déplacée de la grande scène politique de la polis vers la sphère plus intime de l'oikos, la maison. Ici, la représentation de la colère et de la violence s'est transformée ; elle n'était plus ambiguë ni potentiellement justifiable, mais constamment décrite comme injustifiée. Les personnages et les pièces de théâtre à taille humaine de Ménandre défendaient la maîtrise de soi, reflétant l'importance croissante accordée par la société à la modération et à la régulation interne des émotions, faisant écho à l'évolution de la philosophie athénienne après les bouleversements politiques du siècle précédent.
En fin de compte, l'expérience athénienne de la violence interpersonnelle était une interaction complexe de pulsions primaires et de mécanismes sociaux sophistiqués. Il a été considéré comme problématique principalement lorsqu'il touchait des privilégiés, et sa légitimité était toujours soumise à un examen public et à des négociations. Que ce soit à travers les plaidoyers passionnés du tribunal, les malédictions chuchotées gravées sur du plomb, ou les rires bruyants et les représentations nuancées qui ont suivi sur scène, la violence n'était pas simplement pratiquée mais exécutée, discutée rituellement et subtilement contrôlée, contribuant à la stabilité relative d'une société aux prises avec sa propre nature passionnée.
Pas encore de discussion pour ce livre.
Supprimer la discussion
Es-tu sûr de vouloir supprimer cette discussion ? Cette action est irréversible.
2 / 10 (1 note)
Rating Sources
Liberom
Pas encore d'avis
Google Books
1 / 5 (1)
Pas encore d'avis. Sois le premier à en donner un !
Supprimer l'avis
Es-tu sûr de vouloir supprimer cet avis ? C'est irréversible.







