Un profond malaise s'installe au cœur du continent, une question lancinante sur le destin qui résonne dans les couloirs de la réflexion. Ce premier volume, « Re-penser l'Afrique et ses problèmes Numéro 1 : Mars à Juillet 2023 », plonge dans les courants tumultueux qui définissent l'Afrique, et en particulier la République démocratique du Congo, non seulement comme une terre de promesses, mais aussi comme un creuset de luttes persistantes. C'est une terre, nous dit-on, qui est depuis des décennies « un pays en proie à des problèmes », une scène où des forces invisibles orchestrent des massacres et le pillage implacable de ses richesses abondantes.
Le récit se déroule avec une observation acérée, presque mélancolique, du sort de la RDC, où sa population périt de manière alarmante presque quotidiennement, prise dans l'étau implacable de l'exploitation néocoloniale. La communauté internationale, avec ses réunions et ses dialogues apparemment sans fin, n’est pas dépeinte comme une sauveuse, mais comme une complice silencieuse, dont les actions sont souvent dictées par l’intérêt personnel, laissant la situation désastreuse sans solution et les souffrances sans réponse.
Dans ce contexte, une vérité crue émerge : le tissu même de la gouvernance est compromis. Des politiciens médiocres, comparés à de la « marchandise interdite » pour la République, sont présentés comme se délectant de leurs fonctions, pillant sans vergogne le trésor public, exacerbant ainsi les maux sociaux, politiques et économiques déjà profonds qui affligent la nation. Cette corruption profondément enracinée, affirme-t-on, étend ses racines insidieuses partout, sapant l’éducation, les institutions publiques et l’espoir même d’un avenir stable.
Pourtant, au milieu de ce désespoir, un appel puissant s’élève : un plaidoyer fervent pour « repenser » l’Afrique. Il ne s’agit pas d’une réévaluation superficielle, mais d’une invitation urgente à approfondir à nouveau, à disséquer méticuleusement et à dévoiler les couches complexes des problèmes qui rongent le continent. Cet ouvrage défend l’idée que les véritables solutions ne se trouveront pas dans des théories importées ou des prescriptions extérieures, mais doivent émerger de l’intérieur, d’une conscience africaine collective et critique.
Les essais de ce recueil, rédigés par un large éventail de penseurs, s’engagent dans ce voyage cognitif périlleux mais nécessaire. Ils remettent en question les discours établis, dans le but de briser le cycle des politiques inefficaces et d’un leadership égoïste. L’acte même de « repenser » devient un geste révolutionnaire, un engagement à examiner en profondeur, à exposer les mécanismes qui étouffent l’expression et les aspirations des peuples africains.
Il s’agit d’une réflexion qui dépasse les frontières de la RDC pour embrasser le paysage africain au sens large, où les systèmes démocratiques sont en crise, se transformant souvent en structures de type « État-parti » où l’État lui-même prend la couleur du parti au pouvoir. Le recueil aborde implicitement le triple paradoxe de la finance, de l’énergie et de la sécurité alimentaire, reconnaissant comment les crises mondiales se croisent avec des vulnérabilités internes, souvent enracinées dans des héritages coloniaux qui ont privilégié l’extraction des ressources au détriment d’un véritable développement.
En fin de compte, cet ouvrage témoigne d’un mouvement intellectuel africain émergent, qui insiste pour définir son propre avenir, pour remettre en question les imaginaires négatifs et pour reconnaître le dynamisme inhérent au continent et la diversité de ses réalités. Il s’agit d’une entreprise philosophique et sociétale, une étape cruciale vers la promotion de la cohésion, du bien-être et du progrès, en osant affronter le passé et le présent d’un regard inébranlable, et en imaginant un avenir authentique et autodéterminé.