The Stranger Albert Camus
de Albert Camus
8 / 10 200 notes
- Langue
- Anglais
- Parution
- 2021
- Éditeur
- Independently Published
- Pages
- 142
- ISBN
- 9798792380165
La nouvelle du décès de sa mère suscite chez Meursault, un homme ordinaire vivant en Algérie française, un manque de chagrin déconcertant. Cette indifférence donne le ton d'un récit où les réactions émotionnelles conventionnelles semblent absentes, même lorsqu'il noue de nouvelles relations et vit des événements banals. Son détachement culmine dans un acte de violence impulsif sur une plage ensoleillée.
S'ensuit un procès qui scrute davantage son état émotionnel que le crime lui-même, mettant en évidence le fossé entre les attentes de la société et la vision détachée du monde de Meursault. Le roman d'Albert Camus explore la condition humaine, abordant les thèmes de l'absurde, de la justice et de la profonde indifférence de l'univers, invitant les lecteurs à se confronter aux questions difficiles de l'existence et du sens.
S'ensuit un procès qui scrute davantage son état émotionnel que le crime lui-même, mettant en évidence le fossé entre les attentes de la société et la vision détachée du monde de Meursault. Le roman d'Albert Camus explore la condition humaine, abordant les thèmes de l'absurde, de la justice et de la profonde indifférence de l'univers, invitant les lecteurs à se confronter aux questions difficiles de l'existence et du sens.
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Édition originale
L'étranger (French Edition)Paru pour la première fois en 1942 Français Gallimard
Autres éditions (275)
Écouter le résumé Résumé audio
Ma mère est morte aujourd’hui. Ou peut-être hier ; j’ai reçu un télégramme de la maison de retraite qui disait simplement : « Maman décédée. Funérailles demain. Sincères condoléances. » Cela ne m’apprenait rien. J’ai pris deux jours de congé et j’ai pris le bus de 14 heures. La chaleur était étouffante, et j’ai dormi presque tout le trajet. À mon arrivée, le directeur m’a accueilli et m’a expliqué que maman était morte paisiblement. Je l’ai vue à la morgue, mais j’ai choisi de ne pas ouvrir le cercueil. Le gardien est resté assis à mes côtés toute la nuit, une présence silencieuse, et j’ai fumé des cigarettes, bu du café et regardé l’aube se lever sur la campagne. J’ai observé les personnes âgées, leurs visages, leurs gestes, mais je n’ai ressenti aucune profonde tristesse. Lors des funérailles, sous un soleil de plomb, la chaleur et l’éblouissement étaient les seules choses que je percevais vraiment.
Le lendemain, un samedi, j’ai retrouvé Marie Cardona à la plage publique. Nous avons nagé ensemble, ri, et plus tard dans la soirée, elle est venue chez moi. Nous avons passé le dimanche ensemble, une journée comme les autres, baignée par la chaleur du soleil et le simple plaisir de sa compagnie. Quelques jours plus tard, mon voisin, Raymond Sintès, un homme de réputation, m’invita à dîner. Il me parla de sa maîtresse, de la façon dont il l’avait battue et de son désir de l’humilier davantage. Il me demanda de lui écrire une lettre, une lettre dure et méprisante, ce que je fis, ne voyant aucune raison de refuser. Plus tard, il eut une altercation avec le frère de sa maîtresse et ses amis. Raymond fut frappé, et la police intervint.
Le dimanche suivant, nous sommes allés à la maison de plage de Masson, Marie, Raymond et moi, accompagnés de Masson et de sa femme. Le soleil tapait sans relâche. Après le déjeuner, Raymond, Masson et moi avons marché le long de la plage. Nous avons revu les Arabes, deux d’entre eux, dont le frère de la maîtresse de Raymond. Une bagarre a éclaté. Raymond a été blessé au couteau. Nous sommes retournés à la maison, et je lui ai pris son revolver pour éviter de nouveaux ennuis.
Mais la chaleur, le soleil, l’air miroitant, tout cela m’a ramené vers la plage. Je me suis dirigé vers la source où nous avions vu les Arabes. Là, seul, se trouvait le frère. Le soleil était aveuglant, se reflétant sur son couteau comme une lame de lumière. Je sentais la sueur couler dans mes yeux, la pression dans ma tête. Et puis, j’ai tiré. Une fois. Puis quatre autres fois sur le corps inerte.
L’arrestation a suivi, puis l’interrogatoire. Mon avocat semblait perplexe face à mon absence de remords, à ma simple honnêteté quant à mes sentiments. Le magistrat, un homme de foi, m’a brandi un crucifix sous le nez, exigeant que je croie en Dieu, mais je ne pouvais que déclarer que ce n’était pas le cas. Il semblait qu’ils s’intéressaient davantage à mon comportement lors des funérailles de ma mère qu’au meurtre lui-même. Marie m’a rendu visite en prison, toujours souriante, toujours pleine d’espoir, mais je me suis senti de plus en plus détaché, même d’elle.
Le procès a commencé. La salle d’audience était bondée, la presse avide de détails. Ils m’ont présenté comme un monstre, un tueur sans émotion qui n’avait montré aucun chagrin à la mort de sa mère et avait entamé une liaison dès le lendemain. Les témoignages ont brossé le portrait d’un individu froid et calculateur. Mon avocat a tenté de plaider les faits de l’affaire, l’influence du soleil, la légitime défense, mais le procureur a habilement établi un lien entre mon « manque de cœur » lors des funérailles et le meurtre, suggérant un crime prémédité. Je me sentais comme un étranger, observant la procédure, un inconnu face au récit qu’ils construisaient à mon sujet. Le verdict fut « coupable ». La sentence : la mort par décapitation.
Dans la solitude de ma cellule, en attendant l’appel, je me débattais avec le sens de ma vie, la certitude de la mort. L’aumônier est venu, m’offrir du réconfort, parler de Dieu et de repentance. Je l’ai rejeté, furieusement, déversant toute l’indifférence et la rage accumulées, la prise de conscience que l’univers lui-même était indifférent, que rien n’avait vraiment d’importance. À ce moment-là, j’ai compris les choix de ma mère, sa propre acceptation d’un monde dénué de sens. Je me suis ouvert à l’indifférence bienveillante de l’univers, et ce faisant, j’ai trouvé une paix singulière, un sentiment de liberté. Je ne souhaitais qu’une chose : que le jour de mon exécution, il y ait une foule nombreuse de spectateurs, m’accueillant par des cris de haine.
Le lendemain, un samedi, j’ai retrouvé Marie Cardona à la plage publique. Nous avons nagé ensemble, ri, et plus tard dans la soirée, elle est venue chez moi. Nous avons passé le dimanche ensemble, une journée comme les autres, baignée par la chaleur du soleil et le simple plaisir de sa compagnie. Quelques jours plus tard, mon voisin, Raymond Sintès, un homme de réputation, m’invita à dîner. Il me parla de sa maîtresse, de la façon dont il l’avait battue et de son désir de l’humilier davantage. Il me demanda de lui écrire une lettre, une lettre dure et méprisante, ce que je fis, ne voyant aucune raison de refuser. Plus tard, il eut une altercation avec le frère de sa maîtresse et ses amis. Raymond fut frappé, et la police intervint.
Le dimanche suivant, nous sommes allés à la maison de plage de Masson, Marie, Raymond et moi, accompagnés de Masson et de sa femme. Le soleil tapait sans relâche. Après le déjeuner, Raymond, Masson et moi avons marché le long de la plage. Nous avons revu les Arabes, deux d’entre eux, dont le frère de la maîtresse de Raymond. Une bagarre a éclaté. Raymond a été blessé au couteau. Nous sommes retournés à la maison, et je lui ai pris son revolver pour éviter de nouveaux ennuis.
Mais la chaleur, le soleil, l’air miroitant, tout cela m’a ramené vers la plage. Je me suis dirigé vers la source où nous avions vu les Arabes. Là, seul, se trouvait le frère. Le soleil était aveuglant, se reflétant sur son couteau comme une lame de lumière. Je sentais la sueur couler dans mes yeux, la pression dans ma tête. Et puis, j’ai tiré. Une fois. Puis quatre autres fois sur le corps inerte.
L’arrestation a suivi, puis l’interrogatoire. Mon avocat semblait perplexe face à mon absence de remords, à ma simple honnêteté quant à mes sentiments. Le magistrat, un homme de foi, m’a brandi un crucifix sous le nez, exigeant que je croie en Dieu, mais je ne pouvais que déclarer que ce n’était pas le cas. Il semblait qu’ils s’intéressaient davantage à mon comportement lors des funérailles de ma mère qu’au meurtre lui-même. Marie m’a rendu visite en prison, toujours souriante, toujours pleine d’espoir, mais je me suis senti de plus en plus détaché, même d’elle.
Le procès a commencé. La salle d’audience était bondée, la presse avide de détails. Ils m’ont présenté comme un monstre, un tueur sans émotion qui n’avait montré aucun chagrin à la mort de sa mère et avait entamé une liaison dès le lendemain. Les témoignages ont brossé le portrait d’un individu froid et calculateur. Mon avocat a tenté de plaider les faits de l’affaire, l’influence du soleil, la légitime défense, mais le procureur a habilement établi un lien entre mon « manque de cœur » lors des funérailles et le meurtre, suggérant un crime prémédité. Je me sentais comme un étranger, observant la procédure, un inconnu face au récit qu’ils construisaient à mon sujet. Le verdict fut « coupable ». La sentence : la mort par décapitation.
Dans la solitude de ma cellule, en attendant l’appel, je me débattais avec le sens de ma vie, la certitude de la mort. L’aumônier est venu, m’offrir du réconfort, parler de Dieu et de repentance. Je l’ai rejeté, furieusement, déversant toute l’indifférence et la rage accumulées, la prise de conscience que l’univers lui-même était indifférent, que rien n’avait vraiment d’importance. À ce moment-là, j’ai compris les choix de ma mère, sa propre acceptation d’un monde dénué de sens. Je me suis ouvert à l’indifférence bienveillante de l’univers, et ce faisant, j’ai trouvé une paix singulière, un sentiment de liberté. Je ne souhaitais qu’une chose : que le jour de mon exécution, il y ait une foule nombreuse de spectateurs, m’accueillant par des cris de haine.
Ce qu’en disent les autres lecteurs
J’ai aimé
Les lecteurs louent souvent cet ouvrage pour sa grande profondeur philosophique et sa capacité à susciter une réflexion profonde. Beaucoup ont été captivés par le point de vue unique du protagoniste et ses observations distanciées, qui incitent à réfléchir sur l'existence, la mortalité et la condition humaine. Le style d'écriture, souvent qualifié d'accessible malgré sa singularité, plonge efficacement le lecteur dans le récit, favorisant un attachement progressif au personnage principal, en particulier dans la seconde moitié du livre. Pour plusieurs critiques, cette lecture a mis en lumière la renommée de l'auteur et a suscité le désir d'explorer davantage ses œuvres. Elle est également largement considérée comme une expérience littéraire fondamentale, particulièrement bénéfique pour les jeunes lecteurs en période de formation.
J’ai moins aimé
Cependant, le style distinctif du livre et la manière dont le protagoniste est présenté au début ont posé quelques difficultés aux lecteurs. Un sentiment récurrent était que le récit pouvait être déroutant ou difficile à appréhender au premier abord. Dans la première partie, les choix et les expressions émotionnelles du personnage principal ont souvent suscité chez le lecteur un sentiment initial de jugement ou de détachement. Le style « très particulier », bien qu’apprécié par certains à terme, a contribué à un sentiment initial d’incertitude, voire de déception, chez d’autres, rendant difficile de se forger une opinion immédiate et claire sur l’œuvre.
En bref
Malgré ces obstacles initiaux, le consensus général suggère qu’il s’agit d’un livre puissant et mémorable qui laisse souvent un impact plus significatif qu’on ne le perçoit au premier abord. Il est vivement recommandé aux lecteurs qui apprécient la littérature qui aborde des questions philosophiques, explore des perspectives humaines complexes et encourage une introspection profonde plutôt que de proposer des conclusions toutes faites. Cet ouvrage est particulièrement adapté aux jeunes adultes et aux étudiants, servant d’introduction importante à des styles littéraires exigeants et à des thèmes existentiels. En fin de compte, les lecteurs ouverts à une voix narrative unique et disposés à s’engager dans une histoire dont la résonance émotionnelle évolue trouveront probablement en ce livre une lecture enrichissante et stimulante.
Aucun avis pour l’instant. À toi d’ouvrir le bal !





