Les vents mordants de l’hiver rongeaient les ossements des terres humaines, et Feyre Archeron, dix-neuf ans, seule pourvoyeuse de sa famille appauvrie, arpentait les bois impitoyables avec un œil de chasseur et un cœur endurci par la nécessité. Un après-midi glacial, un magnifique loup surnaturel croisa son chemin, ses yeux trop intelligents pour une simple bête. Soupçonnant une fée déguisée, Feyre, poussée par la faim lancinante dans son estomac et une haine ancienne et profondément ancrée envers les Fées, la tua d’une flèche de cendre. Cet acte unique et désespéré brisa la fragile paix entre les royaumes.
Quelques jours plus tard, une bête monstrueuse à la peau dorée, dempillée d’un masque complexe, fit irruption dans leur cottage délabré. Il était Tamlin, le Haut Seigneur de la Cour du Printemps, et le loup que Feyre avait tué était l’un des siens. Selon les termes de l’ancien traité, on lui offrait un choix : mourir ou traverser le mur pour rejoindre les terres féeriques de Prythian afin de passer ses jours avec lui. Feyre choisit la vie, s’engageant dans un monde d’une beauté déconcertante et d’une magie traîtresse qu’elle n’avait connue que par des légendes effrayantes.
Dans la cour du Printemps, opulente, mais étrangement désolée, Feyre se retrouva prisonnière du luxe. Tamlin, sous son masque et son attitude redoutable, s’avéra être un être d’une gentillesse inattendue, encourageant son talent artistique refoulé et révélant que beaucoup de ce qu’elle croyait sur les Fae n’étaient que des mythes. Elle apprit qu’une fléau rampante, une malédiction s’était installée sur sa cour, forçant tous ses habitants à porter des masques permanents et drainant leurs pouvoirs. Aux côtés de l’émissaire loyal et vif d’esprit de Tamlin, Lucien, Feyre commença à découvrir les sombres secrets qui s’accrochaient à Prythian, et peu à peu, à contrecœur, son hostilité glaciale envers son ravisseur commença à s’estomper, remplacée par une affection grandissante et dangereuse.
La romance entre Feyre et Tamlin s’épanouit au cœur de la beauté ombragée de la Cour du Printemps, une passion qui brûlait à travers les mensonges qu’on lui avait appris sur les Fae. Mais la fléau s’intensifia, et la véritable horreur de leur situation devint évidente. Une ancienne reine malveillante, Amarantha, tenait Prythian dans sa cruelle emprise, régnant depuis Sous la Montagne. C’était elle qui avait jeté la malédiction sur la Cour du Printemps, et seul le véritable amour, la déclaration d’amour d’un humain envers une fée, pouvait la briser. Lorsque Tamlin, craignant pour sa sécurité, la renvoya dans les terres humaines, Feyre trouva sa famille inexplicablement riche et en sécurité, mais son cœur resta en Prythian. Poussée par un amour farouche qu’elle ne pouvait plus nier et un besoin désespéré de sauver Tamlin et son peuple, elle défia le mur, cherchant un chemin sous la Montagne.
Son voyage la mena dans la cour tordue d’Amarantha, un lieu de tourments et de désespoir constants. Pour libérer Tamlin et toute Prythian, Feyre conclut un marché périlleux avec Amarantha : elle entreprendrait trois tâches impossibles, ou résoudrait une énigme, remportant leur liberté si elle réussissait. Sous le regard vigilant et troublant d’Amarantha et de l’énigmatique et puissant Haut Seigneur de la Cour de la Nuit, Rhysand, Feyre endura des épreuves inimaginables. Au cours de ces épreuves éprouvantes, Rhysand, avec son charme sombre et son esprit sardonique, lui proposa un marché : il guérirait son bras cassé si elle acceptait de passer une semaine par mois avec lui à la Cour de la Nuit une fois son épreuve terminée. N’ayant pas d’autre choix, Feyre accepta, se liant à lui.
La dernière épreuve força Feyre à commettre un acte indicible, qui tacherait à jamais son âme. Elle résolvit l’énigme d’Amarantha, mais la reine cruelle, furieuse, trahit leur accord et assassina brutalement Tamlin, puis Feyre elle-même. Pourtant, alors que sa vie s’estompait, Tamlin, désormais libérée de la malédiction, riposta en tuant Amarantha. Les Hauts Seigneurs de Prythian, témoins du sacrifice ultime de Feyre, combinèrent leur magie ancienne, lui redonnant vie.
Elle s’éveilla, n’étant plus entièrement humaine, mais transformée en l’une des Hautes Fées. La Cour du Printemps était libre, mais le coût avait été immense, laissant Feyre marquée par les horreurs qu’elle avait vues et les choix qu’elle avait faits. Elle retourna à Tamlin, à la Cour du Printemps, mais le monde, et elle-même, avaient changé irrévocablement. Le pacte tacite avec Rhysand planait, une ombre promettant un autre type de captivité, un nouveau chapitre dans une vie à jamais liée à la magie dangereuse de Prythian.