Dans le monde entier, un nombre sans précédent de personnes, plus d'un milliard, sont en mouvement, que ce soit par choix ou par nécessité. Pourtant, pour de nombreux réfugiés et migrants, ce voyage les amène souvent à une dure réalité : des résultats sanitaires nettement inférieurs à ceux des communautés d'accueil. Cette profonde disparité constitue un grave problème de santé mondial, remettant directement en cause le droit universel à la santé pour tous.
L'expérience de la migration elle-même devient un puissant déterminant de la santé et du bien-être. Bien que les réfugiés et les migrants ne soient pas intrinsèquement en moins bonne santé que les populations qu'ils rejoignent, leur statut juridique précaire, associé à une discrimination généralisée, constitue un formidable obstacle. Les obstacles linguistiques, culturels, administratifs et financiers aggravent encore leur vulnérabilité, les laissant souvent avec des informations inadéquates sur les droits à la santé, de faibles connaissances en matière de santé et une peur persistante d'être détenues ou expulsées. Ces facteurs interdépendants se combinent pour créer des risques sanitaires accrus à chaque étape de leur déplacement et de leur migration.
Les preuves révèlent que les risques sanitaires pour ces populations ne sont pas dus à leur présence, mais aux conditions difficiles rencontrées lors des déplacements. L'accès limité à l'eau potable, à l'assainissement, à des aliments nutritifs, à des abris sûrs et à des services de santé essentiels est un facteur structurel et environnemental qui accroît considérablement leur vulnérabilité aux maladies. Cette situation est encore aggravée par la nature fragmentée des données sanitaires disponibles, ce qui rend difficile le suivi des progrès réalisés dans la réalisation des objectifs de développement durable des Nations Unies liés à la santé et la formulation d'interventions réellement efficaces.
Ces défis se répercutent sur toute une série de problèmes de santé, notamment les maladies chroniques et infectieuses, les préoccupations critiques en matière de santé reproductive, maternelle et infantile, ainsi que les graves problèmes de santé mentale et professionnelle. La récente pandémie mondiale a encore accentué ces vulnérabilités, tout en mettant en lumière les contributions extraordinaires des travailleurs de santé réfugiés et migrants, qui constituent souvent l'épine dorsale des systèmes de santé de leurs nouvelles communautés.
Pour combler ces lacunes et défendre le droit fondamental à la santé, il est impératif de réorienter d'urgence les systèmes de santé. Ces systèmes doivent évoluer pour devenir sensibles aux besoins des réfugiés et des migrants et véritablement inclusifs, conformément aux principes des soins de santé primaires et de la couverture sanitaire universelle. Cela nécessite un leadership plus fort, des investissements soutenus et une meilleure coordination entre les secteurs.
Pour aller de l'avant, il faut élaborer des feuilles de route nationales de mise en œuvre, renforcer les systèmes de données et de suivi et forger des partenariats intersectoriels élargis. Cela nécessite surtout l'inclusion significative des réfugiés et des migrants eux-mêmes dans les processus de prise de décisions. En adoptant ces mesures, les sociétés peuvent progresser vers l'équité en matière de santé et la mise en place de systèmes de santé résilients au service de tous, en veillant à ce qu'un monde plus sain pour les personnes en déplacement se traduise par des sociétés plus saines pour tous.